Colombie, l’impunité des crimes paramilitaires (audio) (1 y 2)

Tomado de France Culture

L’alliance macabre de l’armée colombienne avec des escadrons de la mort

Une série documentaire de Nicolas Joxe, réalisée par Christine Diger

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Le 26 septembre 2016, le gouvernement colombien et la guérilla des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) signaient un accord de paix pour mettre fin à plus d’un demi-siècle de conflit armé. Une guerre longue et particulièrement cruelle pour la population. Si les crimes de la guérilla sont connus, ceux commis par les forces de sécurité alliées à des groupes paramilitaires d’extrême-droite sont bien souvent méconnus. Ils représentent pourtant les deux tiers des violations des droits de l’Homme commis dans le pays. Car, sous prétexte de lutter contre les groupes rebelles, ces paramilitaires ont commis des crimes de masse : Massacres de paysans, assassinats de leaders populaires et de syndicalistes, disparitions forcées d’opposants politiques. Ces violations des droits de l’Homme ont été commises grâce à la complicité de larges secteurs de l’appareil d’Etat et de la classe dirigeante colombienne. Comment ces escadrons de la mort sont apparus ? Quels étaient les objectifs de la politique de terreur de ces groupes paramilitaires ? Ce documentaire se propose d’explorer cette violence d’Etat.

    Les hommes de Rodríguez Gacha et Pablo Escobar ont pris part à des cours de formation des paramilitaires organisés par l’armée.

    Plus de 400 défenseurs des droits de l’homme ont été assassinés dans les 50 dernières années en Colombie. Cette année 54 ont été assassinés.

    Pour un massacre, des milliers de paysans abandonnent leur terre et fuient vers les villes et ne reviennent jamais.

    Au total, le déplacement forcé concerne 6 000 000 de personnes, sans doute la migration la plus importante du monde. A Bogotá, sur près de 8 000 000 d’habitants, 600 000 sont des victimes de la violence et à Medellín c’est un quart de la population.

Avec Ivan Cepeda, sénateur du Polo Democratico ; Alfredo Molano, écrivain ; Eduardo Carreño, avocat, membre du Collectif des avocats « José Alvear Restrepo » ; Luis Guillermo Perez, avocat, membre du Collectif des avocats « José Alvear Restrepo » ; Juan Manuel Echavarria, plasticien ; Gustavo Petro, homme politique, ancien maire de Bogota ; Mauricio Romero, politologue, Université Javeriana ; Alejandra Gaviria, victime des paramilitaires.

Extrait du film « Rio Chiquito » de Jean Pierre Sergent et Bruno Muel, Dovidis, 1965.

Pour aller plus loin :

Site du Collectif des avocats « José Alvear Restrepo »

Site du plasticien Juan Manuel Echavarria

Rapport de la FIDH sur l’impunité en Colombie – Colombie : Administration de la justice ou de l’impunité ?

Le site de PBI, Brigades de paix internationales

En espagnol :

Le site d’information Verdad Abierta, Vérité ouverte est l’un des plus complet concernant le paramilitarisme.

Le site de la revue Noche y niebla publiée par le CINEP (le Centre de recherches et d’éducation populaire crée par les pères jésuites) consacrée aux les violations des droits de l’Homme en Colombie.

Rapport de la FIDH sur les « faux positifs », les exécutions extra-judicaires de l’armée colombienne

En anglais :

The « sixth division » – La « sixième division » – Rapport de l’ONG Human Rights Watch sur les liens entre l’armée colombienne et les groupes paramilitaires.

Un enquête du New York Times sur les chefs paramilitaires extradés aux Etats-Unis : The Secret History of Colombia’s Paramilitaries and the U.S. War on Drugs – L’histoire secrète des paramilitaires colombiens et de la guerre contre la drogue des Etats-Unis.

Rapport de la FIDH sur les activités criminelles du Département administratif de sécurité (DAS), le service de renseignement colombien.
Bibliographie :

Gouverner dans la violence, le paramilitarisme en Colombie de Jacobo Grajales (éd. Karthala)

Me hablaras del fuego, los hornos de la infamia – Tu me parleras du feu, les fours de l’infamie de Javier Osuna – Ediciones B, 2015